Mode MILK : PMA blues…

On a toutes entendu plus où moins parler du fameux baby blues… Une sorte de mini déprime due à l’angoisse face à la nouvelle vie qui commence avec l’arrivée d’un bébé, de la chute des hormones, de la fatigue… Bref j’avoue que ce n’était pas une chose qui me faisait vraiment peur. Je me disait que le baby blues ça devait être de la pissette par rapport au nombreux moments de déprime, de désespoir, que j’avais connu pendant que j’étais en PMA. Les chutes d’hormones, la fatigue on connait !!

Même si comme tout le monde j’ai de nombreux moments de doutes devant mon bébé, en me demandant en permanence si je fait bien tout ce qu’il faut, je ne me suis jamais pour l’instant senti dépassée, débordée… Juste après la naissance d’Eddie, la puéricultrice qui s’était occupée de lui, nous avait dit  » Il va être cool ce bébé, comme ses parents !  »
Je n’ai pas vraiment l’impression d’être quelqu’un de « cool », mais c’est vrai qu’il est plutôt cool Eddie comme bébé. Je crois bien que je ne l’ai jamais vu pleurer dans les bras de personne excepté dans les miens ou ceux de son père. Et encore généralement un câlin, la sucette ou le mettre au sein suffit rapidement à le réconforter.

Bien entendu, malgré tout la fatigue (et la chute des hormones ?) surtout durant les premières semaines étaient bien là. J’ai bien ressenti quelques gros coup de blues sans vraiment comprendre ce qu’il m’arrivait, mais cela n’a pas vraiment pris la forme attendue.
Trois jours après l’accouchement, j’attendais avec impatience que Jul me rejoigne à la maternité.
(Oui maintenant mon chéri ce sera Jul, car dans la réalité on est pas trop fan des surnoms cucul et je ne l’ai jamais appelé comme ça…)
En étant patron, il n’a bien sûr pas pu prendre de vrai congé de paternité, et arrêter du jour au lendemain l’activité de l’exploitation. Il se débrouillait pour se libérer tout de même les après-midi. Ce jour là, il avait un repas avec un gros client et devais nous rejoindre juste après. Et le repas c’est éternisé, puis son client l’a invité à venir chez lui pour continuer à discuter bref, le temps passe, je suis toujours seule, et littéralement épuisée. Je n’ai dormi que trois heures par nuit, ces quatre derniers jours, j’aimerai juste qu’il soit là. Je l’inonde de sms – Quand est ce que tu viens, j’en ai marre d’être toute seule, dis leur que tu ne peux pas rester… Jul me répond simplement : désolé c’est le business… avec un petit smiley. J’ai juste envie d’exploser, j’en ai juste l’impression d’être seule tout le temps! Tout remonte d’un coup, tout ces Rdv que j’ai du prendre, ces examens auquel j’ai du me rendre TOUJOURS seule, je me dis que finalement ce bébé je l’ai quasiment fait toute seule car « désolé mais c’est le business »… En réalité si Jul n’a effectivement pas pu être souvent physiquement présent pendant notre parcours il a toujours été d’un réel soutien… Mais pour le coup, je vois plus que le négatif, la colère, et les larmes montent j’essaie de me contenir car Eddie est de nouveau en train de s’agiter dans son berceau, comme si lui ressentait également mon désespoir et que je m’attends à ce que d’un moment à l’autre quelqu’un débarque dans ma chambre. Oui car c’est bien un des trucs auquel je n’étais pas vraiment préparé et auquel j’ai eu du mal pendant mon séjour c’est que tout le monde débarque en permanence dans la chambre. Et ça ne rate pas, la sage femme entre, suivie par l’auxiliaire de puéricultrice puis l’agent qui s’occupe des repas. Elle me trouve penchée au-dessus du berceau en train de tenter de calmer Eddie, les yeux rouges. Ca va ? Oh vous nous faites un beau baby blues là ? Vous rencontrez une difficulté ? Mais il a faim ce bébé ! J’essaie de répondre tant bien que mal que tout va bien mais je n’arrive plus cette fois à retenir mes larmes. Elles sont toutes très gentilles me proposent même de me garder Eddie à la nurserie pour que je puisse aller prendre l’air. Je ne sais comment leur expliquer que Eddie même s’il passe des heures à téter et que en effet c’est épuisant il n’est en rien le problème et que je veux juste être tranquille et que Jul soit avec moi.

Le lendemain matin, après avoir enfin passé une bonne nuit – avoir dormi au moins 5 bonnes heures, et savoir que je vais enfin rentrer chez moi, je me sens beaucoup mieux. A 8h00 tapante, Dr Robbie débarque dans ma chambre. Je suis assise au bord du lit Eddie dans un bras en train de téter, et ma tasse de thé dans l’autre main, la maîtrise totale. Comme chaque jour il vient prendre en vitesse des nouvelles et quand je lui réponds que tout va bien, il me lance d’un ton presque amusé  » et le baby blues, ça va ? » Je réexplique que oui, que j’étais juste très fatiguée et que ça va beaucoup mieux. Mais encore une fois je ne peux m’empêcher de me faire la remarque que durant tout le suivi PMA il ne demandais absolument jamais comment j’allais alors que j’étais souvent à ce moment là réellement au bout du rouleau et que rien que un « comment ça va ? » m’aurait fait du bien.

Une fois chez moi, j’ai eu d’autres « crises » du même genre, sans cette fois personne pour en être témoin. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps lorsque sur l’ordonnance de sortie de la maternité je me suis aperçue que le Dr Robbie avait prescrit une pilule contraceptive. Je n’arrive pas à l’expliquer mais rien que l’éventualité de devoir reprendre une contraception me mettais dans tous mes états. Alors que c’était juste la même ordonnance bateau qu’il devait refiler à toutes ses patientes à la sortie. Pas de quoi en faire un drame… Et lorsque j’ai ouvert ma boite à pharmacie et que je suis tombée sur le sachet contenant tout mes seringues vides, aiguilles et restes des traitement, que j’avais conservé par superstition _ je garde tout tant que je suis pas sur que tout soit terminé _ j’ai de nouveau pleuré et j’ai eu d’un coup le besoin immédiat de me debarrasser de tout ça à la première occasion alors que ça ne m’avait absolument jamais dérangée auparavant.

Bref pendant un petit moment, je ne pouvais m’empêcher de tout ramener, et de tout voir à rapport à notre parcours passé. Pendant une période même lire certains billets de la blog, devenait trop douloureux, trop de mauvais souvenir… Je m’en suis même voulu, de ne pas pouvoir simplement profiter de notre bonheur sans que les souffrances passées pour en arrivées là ressurgissent à la moindre occasion. Je crois qu’en réalité depuis le début de ma grossesse je n’avais jamais vraiment lâché prise complètement, il fallait sûrement que j’ai enfin mon bébé dans les bras pour véritablement évacuer tout ça et passer à autre chose…

Car oui, bien heureusement aujourd’hui j’arrive à prendre plus de distance, et tout ce parcours pour avoir notre enfant est bien derrière moi, même s’il faut que j’accepte définitivement que  la PMA, m’a profondément changée, que je ne serais jamais tout à fait la même mère, ni la même personne que si j’étais tombée enceinte en quelques mois et que c’est comme ça. Malgré ce parcours difficile, j’ai fait tellement de belles rencontres, je ne vois plus les choses de la même façon, et surtout je relativise (presque) plus facilement les choses, et surtout je ne regrette rien…

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17 réflexions sur “Mode MILK : PMA blues…

  1. Je te comprends parfaitement. Pas plus tard que hier soir on disait avec Monchéri que tout était différent avec bébé, qu’on étaient pas les mêmes parents que pour Grand Frère, qu’on couvait bébé comme si c’était un trésor et qu’il fallait qu’on tourne la page PMA…

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    • J’imagine que lorsque c’est un petit deuxième c’est encore plus délicat, on ne veut pas faire de différence avec le grand… Et pourtant il est évident qu’après la PMA, nôtre ressentit et notre vision change, et on est forcément pas tout à fait les mêmes qu’avant!

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      • C’est marrant pour certaines choses je veux faire pareil pour les 2 garçons et pour d’autres je veux apprendre des « erreurs » passées. Et j’avoue que le prisme de la PMA change certains points de vue, je suis bcp plus patiente et je relativise plus facilement aussi. Enfin quand je ne suis pas épuisée! 😉

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    • J’avoue qu’il y a peu de témoignages sur l’après. Pour la plupart on a l’impression qu’une fois maman tout roule, où alors peut être qu’une fois qu’on a la chance de sortir la PMA c’est un peu tabou d’avouer que tout ne s’efface pas comme ça, je n’en sais rien… En tout cas, oui avec Jul tout va bien 😉 il est complètement gaga de notre fils, et je sais que c’est dur aussi pour lui de ne pas pouvoir être aussi présent qu’il le voudrait…

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  2. Moi c’est le jour de la sortie de la maternité que je me suis effondrée. À table, Mini-Koala en face de nous dans sa nacelle. Demander le sel au Koala a été une épreuve!! C’est évidemment tout le chemin parcouru jusqu’à ce petit bout de chou qui m’est revenu en pleine face, mais surtout je réalisais que ce n’était pas un rêve, qu’on avait réussi et que ça en valait vraiment la peine (meme dans les pires moments, comment est-ce que j’ai pu en douter?). Ça a duré 2j, intenses, mais j’ai eu la chance d’avoir le Koala avec moi (il travaillait 1 à 2j par semaine) et je pense que ça m’a bien aidée (et Mini-Koala aussi est un bébé hyper cool)

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  3. Tu as bien fait d’écrire tout cela, c’est bien normal (et même plutôt sain je pense !) de craquer en réalisant le chemin parcouru et tout ce que vous avez traversé … je suis heureuse de te lire désormais sereine et épanouie ma jolie, plein de bisous 😘

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  4. Je n’avais jamais vu les choses sous cet angle, et tu as parfaitement raison ! Il semble plus légitime d’avoir le blues après un enfant, et le reste alors ?? La transition peut parfois être difficile à faire. J’espère que tu es désormais comblée et que tu t’apprêtes à vivre le plus beau des Noël. Bisous

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  5. On dit que les enfants issus de la PMA sont identiques aux autres. Finalement il faut croire que c’est leurs parents qui sont différents… J’ai un fort pouvoir de résilience qui me permet de ne pas regarder en arrière, malgré ça je sens une peur sourde qui me tient le ventre. Celle que tout s’arrête. J’espère que la crainte de le perdre s’atténuera au 2ème trimestre. Et ce qui je pressens ne partira pas, c’est le sentiment de culpabilité d’avoir laissé tant de copines sur le quai. Ce qu’on a de la chance quand même 🍀
    Profitez bien de votre début de vie de famille ✨ Bisous

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    • Oh oui on a de la chance, je m’en rend compte à chaque moment si précieux passé avec Eddie. Et comme au toi ça me fait mal au coeur, de voir encore toutes les copines sur le quai…
      Cette angoisse de le perdre, je l’ai ressenti plus ou moins pendant toute la grossesse et encore après parfois. J’ai profité de chaque moment de cette grossesse, mais en même temps j’avais le ventre noué d’angoisse avant chaque écho, j’ai eu du mal tout le long à me projeter, c’est pour ça aussi je pense que je n’ai préparé son arrivé qu’au dernier moment. En fait j’ai continuer à avancer comme en PMA étapes par étapes, en me disant jusqu’ici tout va bien ! Après je crois que c’est le fardeau de chaque parent, toute notre vie on aura peur de ce qui pourra arriver à nos enfants je pense…
      Dans tous les cas j’espère que ta grossesse se passe bien, et que l’on continuera à te lire, sur un autre blog !
      Bisous, et prends bien soin de vous !

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