Vis ma vie de MILK

Il y a des mois que j’ai commencé à rédiger cet article, histoire de vous conter un petit peu ma nouvelle vie de MILK. Mais très vite le temps m’a rattrapé. Beaucoup de choses dans ma tête prête à être écrite mais plus beaucoup de temps pour le faire. Je continue à vous lire toujours à suivre et à penser vous toutes qui vous battez encore pour monter dans le train et aussi à toutes celles qui ont pris un autre chemin, je n’ai toujours pas oublié.

Quelques petites bribes donc de ma nouvelle vie…avant de vous raconter la suite…

Nous sommes au mois de janvier, la fin de mon congé de maternité

Trois mois passé en tête à tête avec Eddie durant lesquels je suis devenue une (presque) parfaite petite femme de maison. Ménage presque toujours à jour, des petits plats cuisiné maison matin et soir, et surtout : des heures et des heures, des journée avec Eddie, bien au chaud dans notre petit cocon. Bien sur cet Etat de grâce ne pouvait pas durer éternellement. Jul désespérait de me voir autant décrocher du boulot, et moi, je désespérais de devoir reprendre sachant tout le travail qui m’attendait.
C’est donc avec la boule au ventre que j’ai vu les semaines, puis les jours défiler jusqu’à l’échéance.
En même temps que les préparatifs pour les fêtes de Noel, il m’a fallu dont préparer également  la première rentrée d’Eddie à la crèche. J’ai minutieusement étiqueté tous ces vêtements, et surtout j’ai du me résoudre à m’équiper en biberon et commencer le sevrage. Se perdre dans le choix des biberons, des tétines, du lait en poudre, de l’eau à mettre dans le biberon, le faire chauffer ou pas, et quelles quantités ?? Tout cela m’a paru d’un coup très compliqué alors que pour l’allaitement tout allait tout seul, je lui donnais la tétée quand il réclamait sans prise de tête, les choses se sont fait très naturellement. (Il y a d’ailleurs un billet déjà prévu dans ma tête pour parler un peu de ma propre expérience de l’allaitement…)
J’ai donc commencé par remplacer une tétée par un biberon puis deux… Et soulagement Eddie qui est décidément vraiment un bébé super cool, a accepté immédiatement le biberon sans problème, qu’il soit donné par moi ou n’importe qui d’autre. Aujourd’hui d’ailleurs rien a changé Eddie adore toujours autant manger que ce soit n’importe quoi donné par n’importe qui tout lui va!

C’est donc fin prêts que nous nous sommes rendus avec Eddie à la crèche pour sa première heure d’adaptation. Et encore une fois, si moi j’étais morte d’angoisse, pour Eddie, aucun problème. En fait la période d’adaptation à surtout été nécessaire pour moi, lors des première heures passées sans lui je errais comme une âme en peine. Même s’il a fallu que je me mette rapidement dans le bain, j’avais en permanence ce manque qui ne me quittait pas de la journée, l’oeuil fixé sur la montre.

Pendant ces trois mois, j’avais été la seule à le nourrir. J’ai vécu, mangé, dormi selon ses propres besoins et quasiment hors des contraintes de la vie « normale ». Tous les matins c’est une partie de moi que j’avais l’impression d’abandonner.

Les premiers jours,  quand j’allais à la crèche le récupérer et que je le cherchais avidement des yeux au milieu de tous les enfants et je finissais par voir un bébé dans les bras d’une inconnue, à chaque fois il me fallait quelques secondes à mon cerveau un peu dérangé pour me rendre compte que ce bébé était Eddie. Je ne sais pas si ce genre de bug est normal, mais en tout cas ça reste une sensation un peu flippante d’avoir du mal à reconnaître son propre fils alors que l’on s’est languit de lui toute la journée. Une fois rentrée à la maison alors que je ne recevais que des remarques très positives des auxiliaires comme quoi Eddie était un bébé gentil, calme, adorable. Je récupérais moi un bébé passablement agité et énervé dont la première réaction était de se jeter sur mes seins à peine passé le pas de la porte sans m’accorder un regard, et peu importe s’il avait englouti un biberon une heure avant. Et pendant qu’Eddie tétait avidement mon sein, moi je le reniflais sous tout les angles, perturbée par le fait qu’il sente d’autres parfum et d’autres odeurs. Je vous laisse imaginer la situation : un vrai retour à l’état animal…

La crèche c’était vraiment au départ RDV en terre inconnue.. Il y a les workings girl débordées et pressées qui larguent littéralement leurs enfants à l’école juste en face puis à la crèche, ceux qui sont à moitié réveillés, les cadres supers bien sapés qui embrassent tendrement leurs progénitures. Et puis tous ces bébés partout qui lèvent les yeux vers moi quand je débarque avec Eddie dans les bras, des enfants, des bébés, des poussettes, des mamans, MILK partout…  Limite je me demande ce que je fais là, les auxiliaires qui m’interpellent en ne m’appelant « maman » j’ai au départ un temps de réaction un peu longs avant de comprendre que c’est bien à moi que l’on s’adresse désormais, lorsque je franchis la porte de la crèche je ne suis pas madame un tel, je suis « la maman d’Eddie »….

Ce petit monde, j’y ai fini par prendre mes marques, mes habitudes, ayant commencé la PMA très jeune, j’ai aujourd’hui finalement malgré ces années d’attente le même âge que la plupart des parents que je croise, rien de plus simple pour se fondre dans la masse. Les aller retours maison crèche boulot sont devenus mon quotidien, et le temps passe vite très vite, Surtout que comme je l’ai déjà écris, Jul, est très pris par son travail, et c’est donc moi qui en plus de mon propre travail m’occupe de quasiment tout.

J’essaie de passer et de profiter de mon moindre temps libre avec Eddie, de privilégier le maximum tous ces moments passés tous les trois, qui sont si précieux. J’ai parfois un petit serrement au coeur lorsque je me rends compte qu’il y a malgré tout beaucoup de chose qu’Eddie apprend ailleurs qu’avec moi. J’ai même eu parfois une pointe de jalousie lorsque je le vois se marrer, ou bien se blottir contre les auxiliaires de la crèche. Mais Eddie est comme ça, il aime les gens, il touche les visages, fait des câlins, sourit à tout le monde, et sais se faire aimer et apprécier de tout le monde. Petit à petit j’ai appris à le « laisser partir » et finir par apprécier de  le voir s’épanouir autant avec les autres quitte à prendre pour moi toute ses « décharges »

Bref je pourrai écrire des tartines de MILK sur mon Eddie mais je vais m’arrêter ici pour le moment… Ce qui est certain c’est qu’il a changé profondément nos vies il m’a permis nous sortir du brouillard dans lequel la PMA nous avait plongé lentement mais surement. Parfois, je me demande où l’on en serait aujourd’hui si la chance n’avait pas finit par tourner… Jusqu’où serions nous allés sans nous brûler? Je pense que j’avais vraiment atteint mes limites, je sens que je suis encore et toujours marquée par tout ça, je ne serais pas encore en train d’écrire ici si ce n’était pas le cas.

Bon cet article est plus que décousu mais il a tellement été écrit un plusieurs fois… mais il était nécessaire pour moi de le terminer pour écrire la suite, un peu plus rapidement je l’espère !

5 réflexions sur “Vis ma vie de MILK

  1. C’est tellement mignon d’avoir des nouvelles par la suite…merci ! Ton Eddie a l’air d’un bébé parfait et chapeau de tout gérer seule, surtout pour la reprise à 3 mois pas facile ! (personnellement aussi que mon bébé sente le parfum d’un autre je n’ai jamais aimé ça !)

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