Le deuxième c’est pour quand ?

 Ceci est article écrit il y a 4 mois – 5 mois – 6 mois – 7 mois ? Le temps passe trop vite bordel ! J’ai pris de bonnes résolutions, on est encore fin janvier ce n’est pas trop tard, je crois ! J’ai trouvé dommage de plus voir la suite de tous les blog des copines qui ont eu comme moi la chance de monter dans le train. Je vais donc publier mes articles en retard… et reprendre là où j’en étais.

La question que plus personne n’ose ou presque nous poser… Probablement parce que tout le monde connait les difficultés que l’on a eu pour avoir Eddie, on évite donc pour l’instant les questions et les remarques indiscrètes sur le sujet.

Nous pourtant on a bien commencé à se poser la question assez rapidement. Grâce à notre acharnement à lui fair la main, Dame nature a fini par nous donner notre Eddie. Et dans la grande clémence elle nous a fait également cadeau de 10 embryons supplémentaires qui  hibernent toujours à 200 km de là en attendant sagement que l’on vienne les transférer. Ce qui nous offre quand même pas mal de tentatives et d’espoir de donner un petit frère ou ou une petite soeur à Eddie sans repasser par la case FIV, stimulation, et ponction.
Après la naisssance d’Eddie nous ne nous sommes même pas posé la question sur le fait que je puisse reprendre une contraception. Il nous semblait évident que si jamais il y avait la moindre chance qu’un petit miracle s’installe naturellement, il était hors de question de la laisser passer.

Voyant que mon retour de couche tardait à arriver, je me suis fait quelques frayeurs… Je savais que l’allaitement me protégeait tant qu’il était exclusif et que les tétées n’étaient pas trop espacée. Mais sachant que Eddie faisait au bout de quelques jours seulement des nuits de 5-6 h, qu’au bout de deux mois et demi, il faisait des quasiment toutes les nuits complètes (quand je vous dis qu’il est parfait ce bébé !) et que j’ai commencé à ce même moment à passer en allaitement mixte c’est à dire seulement deux ou trois tétées par jour, je m’attendais à ce que les choses se mettent en place plus rapidement. Mais les mois passaient et toujours rien en vue à part plein de symptômes bizarre qui auraient pu porter à confusion. Plus étrange, je commençais à avoir les mêmes sensations que lorsque je sentais Eddie bouger dans mon ventre.  Après un rapide calcul il était techniquement impossible que je soit un stade aussi avancé de grossesse. Mais bon l’imagination n’a pas de limites hein… L’histoire de Gertrude qui avait eu énormément eu de mal à enceinte du premier et qui était de nouveau enceinte avant le retour de couche on l’a tout entendue pas vrai? Sans compter Jul qui en rajoutait une couche :
« T’as toujours pas eu tes règles ? T’es sûre que t’es pas enceinte au moins ? »

Non non je n’étais pas enceinte,je suis juste un peu longue à la détente mon retour de couche a bien eu lieu, six mois après la naissance d’Eddie.

C’est Jul qui le premier a abordé sérieusement le projet du petit deuxième : 2018 pour retenter des TEC et une nouvelle grossesse. Lors d’une visite de routine chez le Dr Robbie neuf mois après la naissance d’Eddie je lui ai dit que nous envisagions de reprendre la PMA l’année suivante, il répondu en souriant que l’on pouvait même reprendre plus tôt si jamais on le souhaitait.
Mouais…  pour ma part il m’a fallut plus de temps pour envisager une seconde grossesse, et surtout pour envisager une reprise du train-train PMA : traitement et effets secondaires, aller retours chez Dr Robbie-Mercotte… même si pour un TEC le protocole est moins lourd les désagréments, le stress, l’attente, les faux espoirs… je ne suis pas pressée d’y revenir.

L’été arrive, nous profitons d’une soirée avec ma belle famille. Pizzas, petit tour à la piscine. Nous sortons de l’eau avant les autres Jul, Eddie et moi et nous regagnons la terrasse pour rhabiller Eddie. Mon beau père est un peu plus loin à train de préparer des cafés. C’est alors que notre neveu de trois ans et demi arrive en courant et tente de dire quelque chose à l’oreille de mon beau père. Le discours n’ai pas vraiment très clair mais il me semble saisir les mots « maman » « bébé »  » dans le ventre ». Aussitôt mon radar ALERTE ANNONCE DE GROSSESSE est déclenché, je balance discrètement un coup de coude à Jul.

Mon beau père lui même ne saisi pas tout de suite :
– Quoi Pépé a un bébé dans le ventre » (Il est vrai que le petit ventre rebondit du pépé pouvait porter à confusion)

– NOOONN! Réplique mon neveu vexé de ne pas avoir été compris.

– Quoi je vais être encore Papi c’est ça? Non?

Et bien si !!! C’est bien ça !! Petit à petit tout le reste de la famille regagne la terrasse et mon beau frère et la belle soeur font leur annonce. C’est officiel la belle-soeur de 24 ans est une troisième fois en cloque, après avoir de nombreuses fois crier au et fort pendant ces deux dernière années qu’elle ne voulait que deux enfants, que le troisième certainement pas etc etc qui à en rajouter des tonnes.
Si tout le monde semble donc stupéfait, pour nous ce n’est pas vraiment une surprise. Lorsque ma belle-soeur m’a fait visité l’étage de leur maison qu’il viennent de terminé, elle m’avait montré la future »chambre d’amis, en me disant que c’est vrai que c’est toujours pratique une chambre d’amis. Je n’avais pas pu m’empêcher de penser « Mais bien sûr!! Tu ne me vas pas la faire encore une fois… » (Pour rappel les annonces grossesse de ma belle-soeur, et nous c’est toute une histoire : à lire ici et ici )

Sauf que cette fois c’est Jul et moi qui ont été les premiers à les féliciter. Les mots sont même sortis sans même que j’ai à me forcer, car malgré tout une grossesse reste il me semble une bonne nouvelle. Ma belle-soeur après m’avoir remercié rajoute :

– On croise les doigts pour que se soit une fille maintenant !!

– Ah oui Eddie aimerait bien avoir une petit cousine lui aussi (Notez mes progrès fulgurant en dialogue MILK complètement creux) Et c’est prévu pour quand?

– Pour début mars !
Là intérieurement je me décompose, nous somme début juillet elle en est à tout juste un mois de grossesse, qu’elle l’annonce déjà à tout le monde puis elle espère juste que « se soit une fille ». Mais bordel à ce stade on espère juste qu’il s’accroche non?

Le plus étrange dans cette annonce reste la réaction où plutôt la non réaction du reste de la famille, je crois que finalement nous avons été les seuls à véritablement les féliciter. Surement du fait que se soit sa troisième grossesse en 4 ans, tout le monde s’en fout ou bien ne préfère pas commenter… La soirée suit son cours comme si ne rien était dans l’indifférence la plus totale. Quant à moi je serre juste Eddie dans mes bras très fort en pensant heureusement que tu es là, heureusement que tu es là. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer comment dans quel état j’aurai été s’il avait fallu que je supporte une troisième grossesse de ma belle soeur le ventre ou le coeur vide.

Pendant quelques jours, cette annonce à fait remonter beaucoup de mauvais souvenirs : ceux où j’avais la boule d’angoisse avant chaque repas de famille tellement il m’était difficile de voir ma belle soeur se caresser le ventre ou s’extasier devant sa progéniture. Tous ces moments où je n’ai été que spectatrice la vie et l’évolution de celle des autres alors que la mienne ne changeait pas.

Et pourtant je ne l’envie pas : être mère de trois enfants à 24 ans ça n’a jamais vraiment été un truc qui m’a fait rêver. Surtout en sachant maintenant le temps et l’investissement que cela demande rien qu’avec un seul, et sachant également que mon beau frère associé avec Jul, n’est pas beaucoup présent lui non plus pour l’aider à s’occuper de la maison et des enfants.

Mais il y a encore et toujours une pointe d’aigreur lorsque je me rends compte comment faire un enfant ça peut être une chose tellement simple et même banale pour les autres. Parce que bordel moi pour donner un petit frère ou soeur à Eddie ce sera encore peut être le parcours du combattant, que ce n’est pas juste, moi aussi j’aimerai pouvoir contrôler et décider de ce que sera notre vie.
Et je déteste ce sentiment, l’envie, la jalousie c’est un défaut que je ne supporte pas déjà chez les autres et encore moins chez moi. Parce qu’au fond je sais que ce n’est pas parce qu’elle a trois gosses et qu’elle est hyperfertile qu’elle est forcément plus heureuse que moi. Et que je sais que malgré tout j’ai Jul, j’ai Eddie, et j’aurai très certainement un autre bébé voire deux autre soyons fous un jour. J’aimerai juste que fucking réflexe d’infertile aigrie me quitte définitivement…

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