Le Mirage… (ou le jour ou j’ai cru devenir Gertrude)

Quelques semaines passent, et je m’aperçois que finalement, la grossesse de ma belle soeur ne me touche pas plus que ça. L’annonce a fait remonter les souvenirs de cette période où j’étais si triste et aigrie. Nous continuons notre petite routine tranquillement tous les trois.

Et puis il a eu ce jour, ou je remarque que un peu de sang en allant au toilette, une dizaine je jours environ après ma période d’ovulation. Très furtivement une pensée : « si on était fertile ça pourrait être correspondre à une nidation ah ah » bien entendu aussitôt penser aussitôt oublier cela fait bien longtemps que je ne me focalise plus sur ce genre de détails.

Environ une semaine plus tard, je suis d’une humeur massacrante, Jul m’enerve pour rien, je suis fatiguée je suis ballonnée, les première crampes dans le bas ventre sont bien présentes. Bref une fin de cycle comme tout les autres, absolument rien de suspect.

Mais le lendemain rien, le surlendemain non plus, ni les jours suivants… Je commence à scrutter mes fonds de culottes rien, les crampes habituellement annonciatrice de mes règles commencent même à diminuer puis à disparaitre complètement… Je regarde mon calendrier, pour vérifier la date de mes dernière règle. Il y a bien une petite croix sur celle du 1er août à peine visible mais je ne suis plus sûre, peut être était ce une semaine plus tard je ne sais plus trop. J’essaie de me rappeler la période ou j’avais repérer mon ovulation, la date ou j’avais remarqué le saignement mais impossible de me rappeler exactement quel jour c’était.
Je me dis qu’il faut que j’arrête de me faire des films ENCORE, je m’en veux croire que… j’ai sans doute du mal calculer, je n’ai pas envie d’aller acheter un test de grossesse, je ne mets plus un euro de ces truc là pour rien et pourtant… tout au fond de moi  même si je me refuse d’y croire je sais bien que cette fois c’est différent, qu’il se passe quelque chose. Tout cela me semble si irréel, si improbable que je n’arrive même pas à en parler à Jul, pas la peine qu’on soit deux à se faire des films.

Une semaine passe, une semaine durant laquelle j’ai essayé de me dire que je me faisais des idées alors qu’en fait je n’ai pensé qu’à ça.
Un dimanche matin, je vais faire quelques courses et en profite pour glisser deux test de grossesses dans mon caddie. Sur le chemin du retour je me rends compte que je sais déjà, je suis enceinte, j’en suis sûre, et déjà une vague d’amour, pour ce futur petit être qui s’est installé tout seul m’envahit. Une fois rentrée je dépose Eddie dans son lit pour une breve sieste matinale et cours au toilette, contrairement à toute ces fois où j’avais espéré de toutes mes forces je n’ai même pas une quelqueconque once de stress ou d’apréhension, et le test confirme ce qu’au fond je savais déjà. La deuxième barre apparait quasiment instantanément et ne laisse aucune place au doute. C’est incroyable mais c’est arrivé, je suis enceinte je suis Gertrude…

Je reste un moment à regarder mon test et ses deux barres en pleurant. Avant d’aller retrouver Jul qui est train de profiter de son tour de grasse mat sans se douter absolument de rien.
Je le reveille brandissant victorieusement le test :

– Quoi t’es enceinte ????

– Oui !! Il me serre fort dans ses bras et moi je pleure de nouveau en sanglot

– Trop bien, ça veut dire qu’on est fertile alors???

A ce moment là on est les plus heureux du monde. J’accueille la nouvelle avec une émotion plus grande encore que pour Eddie. Car pour Eddie après autant de temps , et de tentatives c’était juste ENFIN le passage à l’étape supérieure, le soulagement immense d’avoir fini par y arriver sans vraiment réaliser. Tandis que là cela nous tombe dessus comme un cadeau, sans rien à faire, cela veut dire que je vais avoir  second bébé comme ça sans la PMA, sans souffrir, sans l’attente, bref c’est  incroyable, génial, miraculeux.

On se mets d’accord avec Jul : « Surtout on le dit à personne hein??? »

Sauf que, lorsque Jul propose à sa sœur de venir voir les dragées que l’on est en train de préparer pour le baptême d’Eddie qui aura lieu le week-end suivant, il ne tient pas plus de deux minutes sans cacher le morceau… Bon la soeur de Jul sont très proches, nous on s’entends très bien aussi toutes les deux, et elle nous a toujours soutenu.
Il ne peut non plus le cacher à sa mère lorsque qu’elle passe nous nous voir au bureau le lendemain.
Et on a pas bien sûr échapper au :

– Ah c’était bien psychologique alors »

J’ai très envie de lui balancer qu’il est vrai que les 94% de spermatozoïdes atypique de Jul c’était surement dans ma tête. Mais je ne me suis contenté de lui ré-expliquer que notre infertilité n’était pas inexpliquée et qu’on avait juste eu de la chance. Tout en sachant très bien que quoique que je lui dise, elle ne resterait de toute manière convaincue que en vrai c’était juste dans ma tête.

Mais ce n’est pas une petite RALC de belle-maman qui va entâcher mon enthousiasme… J’ai appelé le secrétariat du Dr Robbie pour demander en RDV pour « un début de grossesse » rien qu’en prononçant ces mots j’ai l’impression d’être une arnaque, tellement cela me semble surréaliste. La secrétaire m’a demandé la date de mes dernières règles et m’a simplement donné un RDV pour 15 jours plus tard.
Et c’est tout ?? Même pas une petite prise de sang, une petite capsule de progestérone, rien ! Bienvenue dans le monde des fertiles…

Et donc je me suis simplement laisser porter. Et moi qui me sentais précédemment toujours débordée, épuisée rien qu’avec Eddie et mon boulot, je suis les jours suivants d’une énergie débordante.
Je commençe paradoxalement à ressentir les premiers coups de pompes et fatigue de début de grossesse, mais la joie de me savoir enceinte me donne la sensation, et la force de pouvoir tout surmonter. J’ai commence déjà à imaginer l’organisation que je pourrais avoir avec deux enfants de 19 mois d’écart, comment aménager notre bureau en seconde chambre, comment gérer les aller retour à la crèche avec un nourrisson, je sais que cela va demander une sacré organisation, cela me semblait insurmontable il y a quelques semaines, mais là je m’y vois déjà et cela ne me fait plus du tout peur.

De toute façon cette grossesse était écrite, nous nous sommes très vite rappelé avec Jul, la médium qu’avait consulté une amie de mes beaux parent pour nous et qui avait vu que nous aurions « une fille dans trois ans » : et il se trouve que ma DPA tomberait en mai 2018 soit pile trois ans après cette fameuse prédiction.
Je n’avais pas du tout apprécié du tout à l’époque, que l’on fasse ça dans mon dos, et je n’y croyais pas du tout. Mais quand soudain la prédiction va dans notre sens, la coïncidence semble assez troublante. Et puis il y a tous ces Gertrudages sur la blogo Pma, alors… pourquoi pas nous ??

Je reste sur mon petit nuage pendant quelques jours. Je pense même au don de tous nos petits embryons sur la banquise, en me disant qu’ils pourraient peut être faire le bonheur de d’autres couples. Vu que nous maintenant on était capable de faire des bébés tout seuls.
Jul se montre encore plus enthousiaste encore que moi, non seulement il a donc annoncé la nouvelle tout de suite à sa sœur et sa mère, car pour lui c’était acquis. Il parle à Eddie de  » sa petite sœur… »
Quant moi je tente de le freiner un peu
– Tu sais ce sera pas forcément une fille hein?
On va pas non plus croire tout ce qu’à pu raconter la soi-disante médium qu’on a jamais vu…

C’est à ce moment là qu’un soir que mon beau frère et belle sœur en cloque sont passés nous voir, pour nous annonçer qu’ils attendaient… une fille. Ils sont donc ravis puisqu’il avaient lancés le troisième pour « faire la fille » on les félicite ma belle sœur me montre son échographie toute fière, puis elle me demande :

– On a pensé à toi pour être sa marraine, tu veux bien?

WTF ??? Mais pourquoi moi???
Alors là je tombe des nues. On a jamais eu aucune d’affinité, notre seul point commun étant que nos conjoint sont frères. Et qu’on est bien obligées de se voir à chaque réunion de famille. Mais être marraine ça ne se refuse pas non ? J’accepte donc sans hésitation.

Puis petit à petit je commence à sentir que « quelquechose » ne va pas. Déjà à chaque passage au toilette, il y a chaque fois quelques traces de vieux sang. Presque rien, pas assez pour vraiment m’inquieter au départ, mais c’est suffisant pour me faire douter, et me rappeler que tout peut encore s’arrêter…
De plus, je suis un peu stréssée par la préparation du baptême d’Eddie. C’est la première fois que nous réunissons tous nos proches en même temps, tous ceux qui connaissent notre parcours et qui savent à quel point notre Eddie était attendu. J’ai la pression car je tiens tellement à que cette journée soit réussie, que tout le monde s’entende bien, qu’Eddie soit en forme et tienne le coup pour une journée qui va être éprouvante pour un bébé d’un an. Il faut que cette journée soit réussie.
Une sombre angoisse commence à monter en moi, j’essaie de me convaincre que ce n’est que le stress du à la préparation du baptême, mais une nouvelle fois je sens au fond de moi qu’il y a AUTRE CHOSE. Mes symptômes de grossesse me semblent de moins en moins présents.

Intérieurement je fais le souhait, je supplie, je prie pour que, quoi qu’il doive se passer, si tout doit se terminer, tout ce que je demande c’est que ce soit pas le jour du baptême. Ce jour-là doit être rempli seulement de joie, cette journée est pour Eddie. Si quelqu’un m’entend quelque part, je supplie qu’on me laisse au ce jour là de répit. Je fus en quelques sorte exaucée…

Une réflexion sur “Le Mirage… (ou le jour ou j’ai cru devenir Gertrude)

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