Maintenant…

Les jours qui ont suivi ma fausse couche, j’ai vécu dans un sentiment étrange, à la fois très marquée par ce qu’il s’était passé et en même temps en ayant l’impression que ce n’était pas vraiment arrivé. Un peu comme lorsque l’on se réveille brusquement d’un mauvais rêve et que la sensation de malaise subsiste durant le début de la journée. Quand un rêve semble si réel que même après s’être réveillé on reste coincé pendant un moment entre les deux réalités.

Puis j’ai été en colère. De la colère contre DNLP qui s’est quand même bien foutu de ma gueule sur ce coup là, contre Jul qui semblait pouvoir passer l’éponge tellement rapidement alors que moi je souffrais seule encore une fois, contre ma belle soeur et son ventre qui s’arrondit.

Et surtout j’étais en colère contre moi même… Je m’en suis voulu d’y avoir tant cru, de m’être projeté à ce point alors que je savais pertinemment que rien n’était gagné. Dans ma tête je pensais déjà à comment réorganiser notre appartement, mon temps de travail, la garde de deux enfant en bas âge… Je m’y voyais déjà. Un test de grossesse positif et j’ai cru que tout était gagné. Tout ça parce que pour Eddie j’ai eu de la chance que tout roule parfaitement du début à la fin. J’ai pensé que seule la conception était une difficulté pour nous et j’ai oublié que les complications, et les fausse couches en début de grossesse ça n’a n’arrive pas qu’aux autres. Je le savais, mais je ne me suis pas assez méfié, pas assez protégée, je ne me serais pas autant emballée, je n’aurais pas autant souffert encore une fois.
Surtout que dans cette histoire, j’ai finalement eu la chance que la fausse couche soit suffisamment précoce, je n’ai même pas eu le temps de voir un coeur battre. Je n’aurais pas fait ce fichu test de grossesse, je ne me serais même certainement rendu compte de rien. Je me serais dit que j’ai des règles plus hard que d’habitude et c’est tout.

Puis le temps a passé, le quotidien m’a rattrapé. Le début de l’automne et un bébé d’un an à la crèche sont synonymes du retour des virus et microbes en tout genre, pour Eddie mais aussi pour moi. Je ne sais pas si la fausse couche a fait diminué mes défenses immunitaires, mais je crois que je n’ai jamais chopper autant de virus en un aussi cours laps de temps de toute ma vie. Soit trois mois jusqu’au vacances de Noël à jongler entre les visites chez le pédiatre, la pharmacie, le travail et la fatigue qui s’accumule. Bref, j’ai vite eu l’occasion de passer à autre chose, d’oublier.

Et maintenant…

Maintenant, cela fait plus de quatre mois que tout cela s’est passé, le temps a fait son oeuvre et les choses sont un peu plus apaisées. C’est aussi le temps qu’il m’a fallu pour réussir à vraiment poser les mots sur tout ça et pour véritablement tourné la page, même si dans tous les cas je sais que cela laissera des traces.
De nouveau j’arrive à profiter pleinement de ce que j’ai déjà, tout en pensant sincèrement que les choses sont très bien telles qu’elles le sont actuellement.

Avec ma belle soeur enceinte nos relations se sont également améliorées. Bon on ne va pas se leurrer, on se sera jamais les meilleures amies du monde, ni même amies tout court, disons que c’est moins tendu, et que je mets tout mon coeur pour que les choses se passent le mieux possible.
Je ne me sens plus aigrie et jalouse, j’ai accepté les choses telles qu’elles sont et j’ai retrouvé mon équilibre. Aujourd’hui je n’ai plus vraiment envie que les choses changent. A chaque fin de cycle j’avoue que je suis redevenue beaucoup sensible au moindre petit symptôme, je ne peux de nouveau m’empêcher de penser et si… Et si j’étais de nouveau enceinte, j’en ai envie et en même temps cela m’effraie j’ai peur d’avoir peur, peur d’espérer et de souffrir à nouveau.

Alors le retour en PMA, pas pour l’instant. Les hormones, l’organisation des RDV et le stress que cela engendre, l’attente, l’espoir et la déception.
Chaque chose en son temps et du temps on en a. On pensait revenir en PMA en ce début d’année, mais maintenant qu’on y est, et au vu des derniers évènements, je me rends compte que j’ai encore besoin de temps. Je ne sais pas vraiment combien, peut être que dans quelques mois l’envie, et la motivation reviendront, peut être pas, je ne veux pas forcer les choses, ni perdre cet équilibre retrouvé. Aujourd’hui j’ai juste envie de me laisser porter.

5 réflexions sur “Maintenant…

  1. Courage mais je vois que tu as digère l’épreuve tu es forte!mais on l’est toutes je crois dans notre parcours oui autant se jeter des fleurs de tps en tps😊😉
    Je te comprends moi je n’ai tjs pas d’enfant et ne veux plus de PMA peut être quand adoption aura été faite je ne sais pas j’ai assez dégusté je trouve mais comment dire je suis un peu trop envieuse jaimerai 2 enfants et dans notre parcours ce n’est pas si simple 😉
    Bonne fin de journée biz

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  2. Heureuse de lire ce billet ! j’aurai bien aime t’ecrire un message plus developpe mais le temps me manque ! J’ai vecu deux fausses couches comme celle que tu as decrites, les deux autres javais eu le ‘temps’ de voir les bebes ..les coeurs battre etc il yvavait aucun pb…donc je suis tombee de l’armoire ….et c’est vrai que cela fait mal plus en profondeur car tu l’as vu…

    Bref, prend le temps dont tu as besoin pour toi, pour vous trois cnest pour l’heure en effet la meilleure chose a faire, des bises 😘😎

    Aimé par 1 personne

  3. Je n’ose imaginer le choc quand on fait une FC après une première écho ou tout allait bien ☹. Enfin tout cela est derrière toi à présent. J’espère que votre petite vie à 5 se passe au mieux. 😘

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